samedi 19 décembre 2009
Du droit du plus fort
Le plus fort n'est jamais assez fort pour être toujours le
maître, s'il ne transforme sa force en droit et l'obéissance en devoir. De là
le droit du plus fort, droit pris ironiquement en apparence, et réellement
établi en principe. Mais ne nous expliquera-t-on jamais ce mot? La force est
une puissance physique ; je ne vois point quelle moralité peut résulter de ses
effets. Céder à la force est un acte de nécessité, non de volonté ; c'est tout
au plus un acte de prudence. En quel sens pourra-ce être un devoir ?
Supposons un moment ce prétendu droit. Je dis qu'il n'en résulte qu'un
galimatias inexplicable. Car sitôt que c'est la force qui fait le droit,
l'effet change avec la cause ; toute force qui surmonte la première succède à
son droit. Sitôt qu'on peut désobéir impunément, on le peut légitimement, et puisque
le plus fort a toujours raison, il ne s'agit que de faire en sorte qu'on soit
le plus fort. Or qu'est-ce qu'un droit qui périt quand la force cesse? S'il
faut obéir par force, on n'a pas besoin d'obéir par devoir, et si l'on n'est
plus forcé d'obéir, on n'y est plus obligé. On voit donc que ce mot de droit n'ajoute
rien à la force ; il ne signifie ici rien du tout.
Obéissez aux puissances. Si cela veut dire : cédez à la force, le précepte est
bon, mais superflu, je réponds qu'il ne sera jamais violé. Toute puissance
vient de Dieu, je l'avoue ; mais toute maladie en vient aussi. Est-ce à dire
qu'il soit défendu d'appeler le médecin? Qu'un brigand me surprenne au coin
d'un bois : non seulement il faut par force donner la bourse, mais, quand je pourrais
la soustraire, suis-je en conscience obligé de la donner? car enfin le pistolet
qu'il tient est aussi une puissance.
Convenons donc que force ne fait pas droit, et qu'on n'est obligé d'obéir
qu'aux puissances légitimes. Ainsi ma question primitive revient toujours.
Rousseau, Du contrat social, 1762, Livre I, chap. III, Éd. Flammarion, coll. « GF », 2001.
mercredi 9 décembre 2009
La retraite, « âge des possibles »
La retraite, en France, est trop souvent assimilée à un « retrait » social. Alors qu’au contraire, on doit souligner à quel point la retraite est devenue aujourd’hui un moment riche en opportunités :
« La retraite, au XXIe siècle, est un moment citoyen. Les retraités ne sont plus des individus passifs : ils irriguent la vie sociale par leur implication dans les affaires de la cité, leur impact sur la consommation, leur rôle dans le développement économique…
De plus en plus, qu'ils poursuivent une activité professionnelle classique ou s'inscrivent dans d'autres formes d'action socialement utiles (par exemple les associations favorisant le lien social, intervenant en faveur de publics fragilisés ou agissant dans les domaines de l'environnement, de la formation ou de la solidarité de proximité), les retraités demeurent des actifs. Ils contribuent au développement économique et social de la collectivité. »
Serge Guérin, La société des seniors, p 100-101.
lundi 7 décembre 2009
For Rêveur

Je ne connais pas la Voie Sacrée,
mais le Chemin de Traverse
A la croisée de nos deux mondes
Se trouve un cœur enflammé
Je dépasse les frontières de mon corps
Et me perds dans l'intervalle
Mes mains souveraines éveillent les sens
Alors que mes lèvres tremblent
Je me love dans tes bras accueillants
Rouge de ma virilité
Connais-tu notre sentier et notre fin?
Sais-tu jusqu'où aimer?
(porque) Yo no.
samedi 5 décembre 2009
La science politique
J’évoque souvent la science politique (ou les sciences politiques). Mais qu’est-ce donc que ça ? Le terme de science ne fait pas débat, et il n’est guère nécessaire de le définir ici. Je me contente d’évoquer la nécessité de soumettre des hypothèses à des tests répétés et le souci d’établir des lois générales. Mais le terme « politique » est lui beaucoup plus problématique.
On a tout d’abord voulu définir l’objet de la science politique comme l’Etat. Cette vision est toutefois restrictive : la notion d’état est très moderne et cela exclurait de l’étude toutes les sociétés pré-étatiques qui pourtant sont politiques. Puis on a voulu substituer à cette définition celle d’étude du Pouvoir. Là encore ce n’est pas satisfaisant, car il y a pouvoir dans la relation état/citoyen, mais aussi dans la relation entre le maître et l’élève ou le patron et l’employé. Or ces deux derniers exemples sont-ils politiques ? Pas du tout. Cette approche est donc trop extensive.
C’est le sociologue allemand Max Weber qui recueille le plus d’approbation pour sa définition de l’objet de la science politique : « Une autorité spécifique de plus en plus distincte des groupements sociaux primaires (familles, tribus, seigneuries). Une autorité exerçant sa juridiction à l’intérieur d’un territoire délimité. Une autorité disputant avec succès aux organisations concurrentes le monopole de la violence physique. Une autorité capable, enfin, d’obtenir l’obéissance des membres de la société, autrement dit de se rendre légitime auprès de ses ressortissants. » C’est une version plus sophistiquée de l’approche statologique.
En résumé la science politique a pour objet l’alliance de la coercition, du territoire et de la légitimité. Les limites de la science politique ainsi définies, on évite tout combat de frontière avec la sociologie et on ne la réduit pas non plus au seul droit constitutionnel.
Cf "L'objet de la science politique" de Jean Baudouin dans "La science poltique" de la Documentation Francaise
dimanche 29 novembre 2009
La langue discrète des confidences ne me suffit plus pour
exprimer mes passions. Les élans, et de mon cœur et de ma raison, qui
m'animent veulent se libérer de la caverne intérieure qui les maintient
silencieux.
L'avenir me rattrape chaque jour et me tourmente insidieusement. Son ombre pèse sur moi comme une épée de Damoclès.
L'inconnu futur marque le présent du sceau de l'inquiétude.
La rupture qui approche m'effraie, et Peter Pan sème ses rêves parmi les
miens. Je vis cette petite mort par avance, elle annihile ma raison.
Sous le feu de mille désirs, je vis a cœur ouvert. L'amour habite chacun de mes instants et j'offre au monde mes émotions sensibles.
Je suis un petit Prince de l'Univers qui cherche encore sa voie lactée. Au milieu des explosions je reste le rêveur indécis de la Ever Dream.
Aristote
Il existe, pour Aristote, six types de régimes. Trois régimes visent l’intérêt commun
(monarchie, aristocratie, république ou gouvernement constitutionnel) ; trois autres (tyrannie,
oligarchie, démocratie) sont des déviations ou des dégénérescences des premiers :
« Puisque constitution et gouvernement signifient la même
chose, et qu’un gouvernement
c’est ce qui est souverain dans les cités, il est nécessaire que soit souverain
soit un seul individu, soit un petit nombre, soit un grand nombre de gens.
Quand cet individu, ce petit ou ce grand nombre gouvernent en vue de l’avantage
commun, nécessairement ces constitutions sont droites, mai quand c’est en vue
de l’avantage propre de cet individu, de ce petit ou de ce grand nombre, ce
sont des déviations. Car ou bien il ne faut pas appeler citoyens ceux qui participent
à la vie de la cité, ou bien il faut qu’ils en partagent les avantages.
Nous appelons d’ordinaire royauté celle des monarchies qui a en vue l’avantage commun
; parmi les constitutions donnant le pouvoir à un nombre de gens petit mais supérieur
à un, nous en appelons une l’aristocratie soit parce que les meilleurs y ont le
pouvoir, soit parce qu’on y gouverne pour le plus grand bien de la cité et de
ceux qui en sont membres. Quand c’est la multitude qui détient le gouvernement
en vue de l’avantage commun, la constitution est appelée du nom commun à toutes
les constitutions, un gouvernement constitutionnel. Et c’est rationnel, car il
peut arriver qu’un seul individu ou qu’un petit nombre se distingue par sa vertu,
alors qu’il est vraiment difficile qu’un grand nombre de gens possèdent une
vertu dans tous les domaines, avec comme exception principale la vertu
guerrière : elle naît en effet dans la masse. C’est pourquoi dans cette dernière
sorte de constitution c’est la classe guerrière qui est absolument souveraine
et ce sont ceux qui détiennent les armes qui participent au pouvoir. Les
déviations des constitutions qu’on a indiquées sont : la tyrannie pour la
royauté, l’oligarchie pour l’aristocratie, la démocratie pour le gouvernement
constitutionnel. Car la tyrannie est une monarchie qui vise l’avantage du
monarque, l’oligarchie celui des gens aisés, la démocratie vise l’avantage des
gens modestes. Aucune de ces formes ne vise l’avantage
commun. »
Aristote (325-323 av. J.-C.), Livre III, chap. 7, 1279 a 25, trad. P. Pellerin, coll. « GF », Éd.
Flammarion, 1990, pp.229-230
Lettres d'hivernage
Ta lettre sur le drap, sous la lampe odorante
Bleue comme la chemise neuve qui lisse le jeune homme
En chantonnant, comme le ciel et la mer et mon rêve
Ta lettre. Et la mer a son sel, et l’air le lait le pain le riz, je dis son sel
La vie contient sa sève, et la terre son sens
Le sens de Dieu et son mouvement.
Ta lettre sans quoi la vie ne serait pas vie
Tes lèvres mon sel mon soleil, mon air frais et ma neige.
Leopold Senghor (1906-2001)
Métropolitain (suite et fin)
Je
pose mon regard dans le vide, pour réfléchir. Je suis interrompu par le
freinage du train.
Le wagon s'arrête brusquement. Les portes s'ouvrent. Des gens descendent
prestement, d'autres montent. Nous repartons.
Je n'ai même pas vu le nom de cette station. De toute façon je ne devrais pas
arriver à ma destination avant quatre ou cinq arrêts.
Je reprends ma réflexion.
Je crois deviner qu'il cherche à faire des rencontres. Je pense qu'il aime
regarder mais surtout être regardé. Je pense que ses yeux se promènent pour en
attirer d'autres. Et je dois avouer qu'il possède une certaine force
d'attraction.
J'ai soudain l'impression que quelqu'un m'observe. A la limite de mon champ de
vision se trouve l'homme aux yeux verts. Sa tête est tournée vers moi. C'est
donc lui qui me regarde à nouveau. Je m'interdis de répondre à son appel
visuel, par pudeur là encore. Je sais que si nos
yeux se croisent a nouveau, ils ne se quitteront plus.
Accepter
son regard en somme ce serait accepter ce qu'il contient. Je sais ce qu'il
contient car le mien est empli du même mélange de curiosité et de désir. Et je
ne suis pas encore tout à fait sûr de vouloir les satisfaire.
Ce
n’est pas la première fois que je me retrouve dans une telle situation. Mais la
plupart du temps je me décide assez vite. En fait la plupart du temps je
réprime ce mélange explosif. Au final je crois que j’aime cette frustration de
léger remords qui me prend lorsque je descends du wagon les yeux pétillants,
sans espoir de laisser vivre cette minuscule passion éphémère. Malgré tout je
cède parfois et je retrouve l’homme que j’ai croisé dans un autre lieu, plus
approprié à assouvir notre désir impulsif. Je préfère rencontrer des
métropolitains que traîner dans les saunas, là encore par pudeur je pense.
Je
garde la tête détournée jusqu'à ce que je ne sente plus son regard pose sur
moi. La prochaine station sera la mienne.
Nul
autre passager ne semble avoir remarqué notre échange.
Je
sens qu’il a cessé de me contempler. Et je devine qu’il a posé son regard dans
le vide, m’invitant à le dévisager à ma guise. Il ne veut pas m’intimider par
trop d’insistance. J’ai vu juste, je n’ai qu’à tourner légèrement la tête pour
me rendre qu’en effet il s’est détourné de façon à laisser un joli profil face
à moi.
Il
joue le même jeu que moi, c’est certain. Ma phase de réflexion était elle aussi
destinée à le laisser m’observer. Malgré toute ma timidité, j’aime sentir sur
moi un regard intéressé. Apparemment, lui aussi. Mes premiers coups d’œil ne
m’avaient pas trompé, il a un physique vraiment agréable. Je m’attache
particulièrement à son visage. Outre ses yeux verts et ses cheveux légèrement
en bataille, j’apprécie la courbe de son menton. Ainsi que sa barbe de deux
jours, qu’il entretient puisque son cou est rasé de plus près que ses joues.
Son tee-shirt laisse deviner un torse aux formes peu marquées qui pourtant
dessinent un joli profil.
Le train s'arrête. Je me rapproche de la porte. Celle-ci s'ouvre. Au moment de la franchir je jette un dernier coup d’oeil vers l'homme aux yeux verts. Il me regarde et nos yeux se croisent. Nous esquissons tous deux un sourire gêné. La foule me presse à descendre. Les passagers s’appuient contre moi. J'hésite un bref instant puis je pose mon pied sur le quai de la station.
J’ai
la certitude que demain il veillera à prendre le métro à la même heure qu’aujourd’hui.
C’est comme ça que ça fonctionne. J’y serai, si je ne croise pas un homme plus
attirant encore d’ici là.
Métropolitain
J'agrippe à une main la barre verticale. Les portes
se referment.
Lorsque le wagon s'ébranlera je vais perdre l'équilibre. J'assurerai ma prise
avec ma main libre et ferai un petit pas en avant pour me rétablir. J'aime cet
instant de flottement. Cet arrêt dans le temps où l'avenir devient incertain,
alors que le réflexe de survie prend le pas sur le contrôle de soi.
Le métro replonge dans ses galeries souterraines. Je vis ma seconde d'éternité.
Autour de moi, une cinquantaine de personnes occupent le wagon. Il n'est pas
bondé, bien que plusieurs d'entre nous soient obligés de rester debout.
Certains usagers lisent un livre ou le journal du jour. D'autres préfèrent
s'isoler du monde en plaçant un casque sur leurs oreilles. Moi, j'observe ce
microcosme. Pour quelques minutes, nous sommes obligés de cohabiter dans
quelques mètres carrés. Les attitudes de chacun me fascinent.
Je promène mon regard sur mes voisins. Je dévisage leur costume, leur coiffure,
je traque le moindre signe extérieur trahissant l'appartenance à quelque groupe
que ce soit. On pourrait croire que j'espionne mais il n'en est rien. Les
informations que je récolte, ou que je crois récolter, ne me sont d'aucune
utilité. De plus je ne les conserve pas. Je sais que le soir venu je serai incapable
de décrire ce que j'ai observé avec tant de soin le matin.
Je porte une attention toute particulière au regard de mes voisins. Où leurs
yeux se portent-ils? Comment occupent-ils leur vue?
Pour les lecteurs c'est facile, bien qu'ils relèvent parfois la tête. Les
mélomanes quant à eux perdent le plus souvent leur regard dans le vide, ou
alors ferment les yeux. Mais pour les autres, c’est différent.
Cet homme au costume clair, le crâne dégarni, par exemple, s’absorbe dans la
contemplation d'une affiche publicitaire. Il ne s’y intéresse pas vraiment. Il
s’occupe, c’est tout. La femme au manteau rouge assise près de lui regarde ses
pieds comme si les chaussures qu’elle porte aujourd’hui se révélaient
plastiquement intéressantes. Une jeune fille avec un sac a dos noir est assise
non loin d'eux. J'ai l'impression qu'elle cherche au plafond les cameras de
sécurité. Elle ne doit pas savoir que ces boules noires que l’on prend pour des
détecteurs de fumée en sont, puisqu’elle passe dessus sans y prêter attention.
Tiens, je capte un regard. Cela arrive de temps en temps. Mes yeux croisent
ceux d’un autre, qui lui aussi observait ce petit monde. Une fraction de
seconde. Rien de plus. Et nous reprenons notre occupation individuelle. Ces
yeux verts étaient ceux d’un homme. Les cheveux bruns, courts, pas vraiment
coiffés. Mignon.
Je continue à poser mon regard sur chaque usager. La femme aux chaussures
presque intéressantes a relevé la tête et l’a tournée vers la vitre. Comme
beaucoup, elle s’abandonne maintenant dans la contemplation des lumières qui
défilent à intervalle régulier, seul repère extérieur qui nous rattache au
monde souterrain que nous traversons.
Je ne résiste pas longtemps à l’envie de revenir sur cet homme aux yeux verts.
Au moment même où je pose a nouveau mon regard sur lui, il fait de même. Pour
la deuxième fois, nos yeux se croisent. Je capte une petite étincelle au fond
de ses yeux, la même qu’il a du percevoir au fond des miens. Nous ne nous
contentons pas de nous voir, nous nous regardons. Assez vite pourtant, je
détourne les yeux. Par pudeur.
mercredi 16 septembre 2009
Rencontre Eperdue d'une Volupté Ephémère
J'ai besoin de vous tous au présent, et au futur. Je suis une étoile perdue dans le ciel immense de la vie. Trop jeune face a l'avenir, trop attaché face aux séparations. J'ai mes faiblesses. Ma sensibilité. Mes cauchemars.
Et mes larmes n'expriment pas que la détresse.
Bowie murmure a son micro quand je vous adresse des mots silencieux. La main au cœur et a la croisée des chemins, je vous aime tant.
Je suis faible. C'est ma force.
Le squelette externe présente sa mollesse au monde pour mieux résister.
Je suis Zach. Et Arthur. Le chapelier, et Maxxie. Je suis vous.
Je suis moi. Une unité multiple.
La complexité de ma personnalité n'a d'égualles que les forces émotives qui m'animent. Le vide laisse par l'impossible, le besoin de trop, prolonge mes angoisses. La pendule sonne chaque heure nouvelle, et le Grand Horloger dirige son monde.
"Fait de ta vie un rêve et d'un rêve une réalité"
Fini la course aux chimères, la toison d'or poussera d'elle-même sur mon torse. Finis le swing et le blues, slap happy fera des ronds avec mes idées hautes.
Modes mineurs comme majeurs se démodent. Le chromatisme de la vie doit resplendir en un spectacle total. Devenons des athlètes affectifs.
Je crée le mouvement avant d'initier la vie, enfin.
samedi 12 septembre 2009
L'Hôtel
La mer veille. Le coq dort.
La rue meurt de la mer. Île faite en corps noirs.
Fenêtres sur la rue meurent de jalousies.
La chambre avec balcon sans volets sur la mer
Voit les fenêtres sur la mer,
Voile et feux naître sur la mer.
Le balcon donne sur la mer.
La chambre avec balcon s'envolait sur la mer.
Dans la rue les rats de boue meurent
(le 14 que j'eus y est)
Sur la mer les rameurs debout.
La fenêtre devant hait celles des rues ;
Sel de vent, aisselles des rues,
Aux bals du quatorze juillet.
Jean Cocteau
in Opéra
J'ai craqué

Je suis de profil maintenant
J'ai un profil maintenant
et j'assume pas!










