R.E.V.E.

Rencontre Eperdue d'une Volupté Ephemere

dimanche 31 mai 2009

Rainbow

poissons

Ta conscience aime le rouge. Rouge de luttes et de poing tendu. Un beau rouge, teinté du sang des hommes. Couleur de vie, d’explosion et de révolution.

Ta mémoire se souvient de l’orange. Orange de voyage et d’amitié. Un orange ensoleillé, teinté d’idiome castillan. Couleur de Valence, juteuse et savoureuse.

Ton corps s’orne de jaune. Jaune de lumière et de crinière. Un jaune blond, teinté du foin d’août. Couleur d’or, de joie et des rois.

Ton âme vit en vert. Vert des prés et des pensées. Un vert éclatant, teinté de l’espoir triomphant. Couleur de nature, de paradis et d’académie.

Ton visage s’éclaire de bleu. Bleu de pluie et de minuit. Un bleu voluptueux, teinté d’Europe. Couleur d’océan, héritée et d’éternité.

Ton esprit se cajole en violet. Violet de méditation et de réflexion. Un violet réfléchi, teinté de philosophie. Couleur noble, d’initiation et d’adoration.

Et ton cœur les prend toutes, ces couleurs. Un arc-en-ciel au quotidien. Un chemin de vie, un pont d’amis. Etole paix, il t’a choisi. Et ton cœur en vit.

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On ne naît pas homme

On ne naît pas homme

diablo3unsecretdezvaluit26mo

Une des phrases du XXe siècle aux conséquences les plus déplorables : "On ne naît pas femme, on le devient." Non certes parce qu'elle est fausse, mais parce qu'elle suggère que l'homme, lui, serait créé et non façonné. Idée aberrante que véhiculent mille autres perles beauvoiriennes moins souvent citées, ainsi : "La dispute durera tant que les hommes et les femmes ne se reconnaîtront pas comme des semblables, c'est-à-dire tant que se perpétuera la féminité en tant que telle."

Au contraire, les sociétés de tout temps s'acharnent à fabriquer justement des hommes - en contraignant les garçons, par la violence, les menaces et l'humiliation, à se différencier des filles. C'est tellement énorme qu'on ne le voit même pas : les hommes constituent, de par le monde, entre 90 % et 100 % des criminels, des pédophiles, des violeurs, des généraux, des chefs d'Etat et des grands leaders religieux.

En revanche, l'immense majorité des prostituées et toutes les mères sont des femmes. (On peut très bien être femme sans être mère ; l'inverse, en revanche, n'est pas - encore ? - possible.) Si l'on est convaincu (ce que je ne suis pas mais peu importe) que "l'instinct maternel" n'existe pas, pourquoi n'interroge-t-on jamais "l'instinct" qui pousse les hommes à faire la guerre ? De quelle stupéfiante indifférence ou résignation faisons-nous preuve à son égard ! De quel incompréhensible refus de s'étonner !

Pour ma part, j'aimerais bien savoir pourquoi la spécificité des hommes (c'est-à-dire des mâles de l'espèce humaine) semble être le massacre des innocents. Ce n'est pas l'espèce humaine qui fait ça, ce sont les phallophores, jeunes le plus souvent mais encouragés, excités, éperonnés par des vieux. Oui, il faut avoir un pénis et des testicules pour ainsi charcuter, violer, ouvrir le corps des autres à la machette, au poignard ou à l'épée, les déchiqueter à la mitraillette, les décapiter et jouer aux boules avec les têtes...

A toute époque surviennent les orgies sanglantes perpétrées par des mâles, non tous les mâles bien entendu mais eux seulement, alors que (si ce n'est dans Les Bacchantes où Euripide tente de fantasmer la chose) on n'a encore jamais vu une bande de femmes se livrer joyeusement au carnage, s'enivrer de sang, glisser dans le sang, éparpiller les intestins, piétiner les cervelles, bouffer à pleines mains la chair de leurs ennemis.

Hypothèse en pointillé : dès qu'un petit garçon comprend qu'il vient (que tout le monde vient) de l'intérieur d'un corps de femme, un corps donc différent du sien, il se met à construire et à détruire, à bricoler, à manier, à remanier et à tripatouiller, la petite fille ne fait pas cela. Les garçons ouvrent les poupées, les nounours et les voitures petites et grandes, ils ouvrent les fusils, jouets ou non, pour en comprendre le fonctionnement ; ils veulent pénétrer le mystère de la vie, des origines, comprendre d'où ils viennent, pourquoi ils sont là ; ils regardent de près, d'encore plus près ; plus tard, certains iront jusqu'à arracher le foetus du ventre de la femme enceinte et à en fracasser le crâne. Après le dépeçage du nounours, après le carnage, ils laissent derrière eux : non-sens, monceaux de chairs mortes qui ne veulent plus rien dire. Ils ont réussi à transformer le vivant en mort, en objet, en chose, en rien : puissance sidérante qui ne peut se comparer qu'à celle de mettre un enfant au monde.

Si les hommes ne savaient pas (comme par exemple les grands singes ne savent pas) qu'ils ont vécu dans le corps d'une femme et lui doivent la vie, ils ne feraient pas cela : c'est parce qu'ils se savent mortels que les hommes tuent. Les femmes semblent moins obsédées par la mort, et incapables de jouir en étant furieuses ; la colère n'est pas pour elles un stimulant sexuel et le danger ne déclenche pas chez elles un pic hormonal. Oui : le danger, la camaraderie virile, la proximité de la mort agissent sur les hommes comme un aphrodisiaque, pourquoi le dit-on si rarement ? Sur des millions d'années d'évolution, ce sont les mâles violents qui se sont imposés, tant dans la guerre que dans l'amour, et ont souvent fait de celui-ci la métaphore de celle-là.

Une femme peut tuer, certes, elle peut même débiter en morceaux le corps de quelqu'un qu'elle connaît bien, mais elle ne charcute jamais des inconnus. C'est une règle qui ne souffre pas d'exception. Ni les soldates russes pendant la seconde guerre mondiale ni les Israéliennes de Tsahal n'y apportent un démenti. Pourquoi ?

Qu'est-ce qui empêche les femmes de former des milices armées, de fomenter des complots internationaux, d'organiser des attentats ? Pourquoi si peu de fillettes raffolent-elles de jeux vidéo violents ? Pourquoi les adolescentes n'entrent-elles jamais dans une salle de classe ou un restaurant fast-food pour ouvrir le feu sur leurs semblables ? Et pourquoi cette question ne semble-t-elle intéresser personne ?

Si l'on en croit les théoriciennes de l'indifférence des sexes, c'est une simple question de temps et d'éducation. Les dames auront tôt fait d'exiger la parité dans toutes les chasses gardées des messieurs afin de rattraper ceux-ci. Elles seront alors vendeuses d'armes et de drogues, grandes criminelles et grandes patronnes, pornographes et footballeuses, pédophiles et chasseuses, évêquesses et imamesses, traderesses et mafiosas, académiciennes et boxeuses sumo, elles organiseront la traite de dizaines de milliers d'éphèbes des pays pauvres destinés au délassement sexuel des femmes d'affaires des pays riches. Encore un effort, les filles, si vous voulez être émancipées ! Les musulmanes se couvrent peut-être les cheveux, mais certaines théoriciennes de l'Occident se voilent les yeux, ce qui est bien pire ; elles refusent de voir ce qui crève les yeux de tout le monde, à savoir que les hommes et les femmes ce n'est pas pareil.

Alors ? "L'un est l'autre", vraiment ? L'un n'aurait vraiment rien à apprendre de l'autre, l'autre devrait se rapprocher toujours et exclusivement de l'un ? Réfléchissons, avant qu'il ne soit trop tard !

Nancy Huston

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lundi 18 mai 2009

Perdu

d_s

A la belle aux yeux de pluie,

Ou sont passés les nuages d'azur que tu m'apportais chaque jour? Tes banalités comme tes confidences me manquent. Les masses noires qui se pressent a mes fenêtres me sont bien moins agréables que tes interpellations. Moins précieuses que tes câlins.

Le printemps nous a éloigné, l'été nous séparera-t-il ? J'en ai peur aujourd'hui, ce soir.

Ou es-tu?
M'es-tu perdue mon amie?

Edit 19-05: J'ai aujourd'hui eu la preuve que tu n'etais pas si loin. Rassurant. C'est comme ça que je veux qu'on vive notre amitié.

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samedi 16 mai 2009

Cruauté

cruelle

Selon Robert, la cruauté est le plaisir qu’une personne prend à en faire souffrir une autre, ou à la voir souffrir.

J’ai essayé de mon côté de définir la cruauté, avant de consulter l’ami de mon secrétaire, Robert. J’ai déterminé que la cruauté était un trait comportemental volontaire et réfléchi, qui usait de la souffrance des autres comme un moyen d’arriver à ses fins, telles que son plaisir ou son objectif.

Le cruel réfléchit à ses actes/paroles, en connaît les conséquences et agit en fonction de ses fins.

Dans mon cas, faire preuve de cruauté provoque une douleur morale à surmonter. Il m’est difficile d’être cruel. J’ai déjà essayé, oui. Rarement.

Je peux être méchant mais difficilement cruel.

La méchanceté, selon Robert c’est faire du mal, ou chercher à en faire. L’acte cruel est donc un acte méchant qui apporte du plaisir à l’actant. On ne peut être cruel sans être méchant, mais on peut être méchant sans se révéler cruel.

Pour faire du mal, être méchant donc, il faut savoir s’y prendre. Oui, une erreur involontaire peut faire beaucoup de mal, mais ce n’est méchant que d’en faire une, car le méchant cherche à faire du mal. Le méchant devra choisir ses mots, ses exemples, ses arguments pour semer la douleur.

La douleur viendra de la remise en question, de la détresse ou encore du souvenir de la douleur.

Après mûre réflexion je pense qu’une argumentation basée sur le réel aura plus de conséquences que des reproches invraisemblables. Toucher quelqu’un en lui montrant les côtés négatifs du réel, insister dessus, les exacerber, est plus efficaces que de lui faire croire en un comportement qu’il n’a pas eu.

Le vrai est plus dévastateur que le faux, lorsqu’il n’est pas entièrement vrai. C’est-à-dire qu’en ne se concentrant que sur une partie du réel, celle qui suscitera la douleur de l’autre, en omettant le reste, on peut inculquer à quelqu’un que son comportement ne comportait pas d’éléments positifs. Et là, le remord peut faire très mal.

Je vous ai livré cette petite réflexion sur la méchanceté, la cruauté et l’argumentation méchante car elle me trottait dans la tête. Elle est incomplète, mais je vous charge de m’aider à pousser un peu. Je voulais aussi aborder autre chose qui me tient à cœur.

Ces derniers jours j’ai eu l’occasion de m’exprimer au beau milieu de querelles, de conflits. J’ai voulu défendre mes idées, la position que j’estimais la plus juste. Et je me rends compte que j’ai peut être eu parfois des mots durs. Des mots qui pouvaient faire mal. Ce n’était pas mon but. Je voulais juste exprimer une opinion claire, et montrer que l’on pouvait regarder les choses sous un autre angle. Je ne cherchais pas à blesser. Bien sûr j’ai pris parti, mais je ne suis pas un absolutiste. Ce n’est pas parce que je me suis exprimé pour les uns que les autres n’ont plus droits à mon cœur. Je demande donc aux gens que j’ai pu blesser de ne pas s’en cambrer, pas le prendre pour eux, mais prendre mes paroles comme une piste de réflexion plutôt que comme un reproche. Je ne veux pas qu’on entretienne un grief à mon égard. Voilà, j’avais ça sur le cœur.

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Jamais je ne pourrai

Claude Roy (1915-1997)

jamais

Bolivie. Alvaro Ybarra Zavala. www.agencevu.com

Jamais jamais je ne pourrai dormir tranquille aussi longtemps
que d'autres n'auront pas le sommeil et l'abri
ni jamais vivre de bon coeur tant qu'il faudra que d'autres
meurent qui ne savent pas pourquoi
J'ai mal au coeur mal à la terre mal au présent
Le poète n'est pas celui qui dit Je n'y suis pour personne
Le poète dit J'y suis pour tout le monde
Ne frappez pas avant d'entrer
Vous êtes déjà là
Qui vous frappe me frappe
J'en vois de toutes les couleurs
J'y suis pour tout le monde

Pour ceux qui meurent parce que les juifs il faut les tuer
pour ceux qui meurent parce que les jaunes cette race-là c'est
     fait pour être exterminé
pour ceux qui saignent parce que ces gens-là ça ne comprend que la trique
pour ceux qui triment parce que les pauvres c'est fait pour travailler
pour ceux qui pleurent parce que s'ils ont des yeux eh bien c'est pour pleurer
pour ceux qui meurent parce que les rouges ne sont pas de bons Français
pour ceux qui paient les pots cassés du Profit et du mépris des hommes

"Les Circonstances", Poésies, Gallimard, 1970

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samedi 9 mai 2009

Tradition et dissidence

Je vais tenter ici d’analyser un phénomène récurrent, avec quelques références culturelles connues, mais en restant général, car je pense que mon raisonnement s’applique à pas mal de domaines. J’appellerais ça « un peu de théorie socio politique ». Car je touche à la politique, à la société, à la culture, … C’est valable dans pas mal de domaines ais-je dit.

J’utiliserai le terme « tradition » pour parler d’une coutume, d’une loi, d’une règle établie et considéré par tous (ou presque) comme le comportement à tenir. Et le terme « dissidence » pour parler de l’idée nouvelle, le proposition, le nouveau courant émergent qui s’opposera à la tradition.

                                          dissidence

Vous avez déjà remarqué, sûrement, que souvent lorsqu’on propose quelque chose allant contre la règle établie, on est refoulé, l’idée tout du moins. Par exemple tentez d’introduire le fromage entre l’entrée et le rôti, ou encore s’habiller en rouge pour aller à un enterrement. Vous verrez, les réactions changeront d’un individu à l’autre, mais dans l’ensemble on repoussera la proposition

            Au départ, il y a une tradition. Une règle établie. Explicitement dans le cas d’une loi, implicitement pour une habitude. Et puis un courant dissident apparaît. Une proposition nouvelle, une tentative de changement plus ou moins profond de cette tradition.

            

Tout d’abord, il y a une phase d’indifférence de la part de la « tradition ». Celle-ci ne s’intéresse pas au phénomène émergent. L’ignore même. En quelque sorte la tradition tolère la dissidence tant que celle-ci reste discrète.

Par exemple au  tout début de notre ère, les romains toléraient les premiers chrétiens, tant que ceux-ci  «ne causaient pas de troubles ».Dès que le christianisme a commencé à se répandre, à faire parler de lui, les martyrs sont apparus.

            

            A ce moment là, on vérifie que tout ce qui n’est pas autorisé n’est pas interdit. Car autoriser quelque chose consiste à le soutenir, l’élever au rang de tradition. Alors que ne pas interdire consiste à tolérer. L’interdit s’entend par la loi, par l’officiel, alors que l’autorisation reste du domaine de l’implicite, de la morale, de l’habitude.

            On peut considérer que entre la Révolution (ni le Code Pénal de 1991 ni le Code Napoléon ne retinrent la « sodomie » comme crime, première en Occident depuis bien longtemps !) et le régime de Vichy, l’homosexualité était tolérée en France. En effet, aucune loi ne l’interdisait mais la morale ne l’approuvait pas. Dès que la loi est arrivée (merci Pétain…1942), maintenue par De Gaulle à la Libération, la répression officielle fut possible. Arrestation, amende, emprisonnement… Jusqu’en 1982 (merci Badinter !).

Ensuite, à partir du moment où la tradition commence à s’inquiéter de cette nouvelle tendance, elle va s’y opposer. Il faut bien sûr que la dissidence prenne de l’ampleur pour cela. Discrètement d’abord, puis au grand jour, la tradition va tenter de contrer ce nouveau courant. Toute tradition tendra à vouloir étouffer une nouveauté qui la remettrait en cause. Si la répression se fait violente, la dissidence devra se cacher pour y échapper. Et là, tout se joue. Soit la tradition gagne, et la dissidence disparaît, soit la dissidence survit à la répression et la tradition commence alors à perdre. La tentative d’étouffement permet à la nouveauté de s’affiner, de mûrir, de s’affiner. Elle trouve à ce moment là de nouveaux soutiens, de nouvelles forces. Elle trouve aussi les moyens de s’imposer plus tard, réfléchis à ses meilleurs arguments, les peaufine, découvre de nouvelles façons de se faire entendre. La violence engendre la créativité et si la violence échoue, la dissidence ressort plus forte que jamais

.

Puis à force de lutte la dissidence s’impose. Elle s’élève au rang de nouvelle tradition. Elle remplace l’ancienne. Toute nouveauté qui s’est imposé tend à nier le souvenir de la tradition qu’elle a remplacée. En gommant le souvenir du passé, en diabolisant les partisans de l’ancienne mode. Pour éviter tout retour en arrière, paraît-t-il. C’est là que la nouveauté remplace vraiment son prédécesseur. Elle commence à adopter le même comportement, de répression, de supériorité, d’obscurantisme. Elle se considère comme la seule valable, la vérité absolue, puisqu’elle a triomphé. Le mensonge doit être aboli.

Exemple frappant : La Terreur. A peine érigée comme nouveau régime, la révolution engage un processus d’élimination systématique des opposants, pseudos opposants et petits garnements. Plus répressive que l’Ancien Régime pour « éviter le retour à cette atrocité monarchique». Guillotine à tour de bras, coupables coupés, … Puis la paix civile est revenue, le tout se tassant un brin, jusqu’à un certain 18 Brumaire, mais c’est une autre histoire.

Enfin, la nouvelle « tradition », la nouvelle « règle », s’apaisera dans son désir de vengeance et sa soif de pouvoir. Elle se tassera et tolèrera quelques entorses à ses lois. Jusqu’à ce que l’une d’elles se fasse dissidence bruyante…

Posté par lequatre à 22:52 - Cogitations personnelles - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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