mercredi 16 septembre 2009
Rencontre Eperdue d'une Volupté Ephémère
J'ai besoin de vous tous au présent, et au futur. Je suis une étoile perdue dans le ciel immense de la vie. Trop jeune face a l'avenir, trop attaché face aux séparations. J'ai mes faiblesses. Ma sensibilité. Mes cauchemars.
Et mes larmes n'expriment pas que la détresse.
Bowie murmure a son micro quand je vous adresse des mots silencieux. La main au cœur et a la croisée des chemins, je vous aime tant.
Je suis faible. C'est ma force.
Le squelette externe présente sa mollesse au monde pour mieux résister.
Je suis Zach. Et Arthur. Le chapelier, et Maxxie. Je suis vous.
Je suis moi. Une unité multiple.
La complexité de ma personnalité n'a d'égualles que les forces émotives qui m'animent. Le vide laisse par l'impossible, le besoin de trop, prolonge mes angoisses. La pendule sonne chaque heure nouvelle, et le Grand Horloger dirige son monde.
"Fait de ta vie un rêve et d'un rêve une réalité"
Fini la course aux chimères, la toison d'or poussera d'elle-même sur mon torse. Finis le swing et le blues, slap happy fera des ronds avec mes idées hautes.
Modes mineurs comme majeurs se démodent. Le chromatisme de la vie doit resplendir en un spectacle total. Devenons des athlètes affectifs.
Je crée le mouvement avant d'initier la vie, enfin.
samedi 12 septembre 2009
L'Hôtel
La mer veille. Le coq dort.
La rue meurt de la mer. Île faite en corps noirs.
Fenêtres sur la rue meurent de jalousies.
La chambre avec balcon sans volets sur la mer
Voit les fenêtres sur la mer,
Voile et feux naître sur la mer.
Le balcon donne sur la mer.
La chambre avec balcon s'envolait sur la mer.
Dans la rue les rats de boue meurent
(le 14 que j'eus y est)
Sur la mer les rameurs debout.
La fenêtre devant hait celles des rues ;
Sel de vent, aisselles des rues,
Aux bals du quatorze juillet.
Jean Cocteau
in Opéra
J'ai craqué

Je suis de profil maintenant
J'ai un profil maintenant
et j'assume pas!
jeudi 10 septembre 2009
Faction
On a décidé de faire la nuit
Pour une petite étoile problématique
A-t-on le droit de faire la nuit
Nuit sur le monde et sur notre cœur
Pour une étincelle
Luira-t-elle
Dans le ciel immense désert
On a décidé de faire la nuit
pour sa part
De lâcher la nuit sur la terre
Quand on sait ce que c’est
Quelle bête c’est
Quand on a connu quel désert
Elle fait à nos yeux sur son passage
On a décidé de lâcher la nuit sur la terre
Quand on sait ce que c’est
Et de prendre sa faction solitaire
Pour une étoile
encore qui n’est pas sûre
Qui sera peut-être une étoile filante
Ou bien le faux éclair d’une illusion
Dans la caverne que creusent en nous
Nos avides prunelles.
Hector de Saint-Denys Garneau
Voilà, pour fêter la 150ème note de ce REVE, je vous offre un superbe poème découvert par pur hasard dans "Anthologie de la poésie française du XXe siècle" chez Gallimard en 1983. C'est une mine d'or, à bientôt pour de nouvelles découvertes!
mercredi 9 septembre 2009
Le théâtre de la cruauté
par Antonin Artaud
"Le théâtre contemporain est en décadence parce qu'il a rompu avec l'esprit d'anarchie profonde qui est à la base de toute poésie. La poésie est anarchique dans la mesure où elle remet en cause toutes les relations d'objet à objet et des formes avec leurs significations. Elle est anarchique aussi dans la mesure où son apparition est la conséquence d'un désordre qui nous rapproche du chaos."
Artaud tente de transformer profondément le théâtre en proposant le "Théâtre de la Cruauté" en 1938.
Il ne reconnaît plus le Théâtre dans les spectacles dramatiques. Pour
lui le théâtre psychologique n'est que la transposition sur scène d'œuvres littéraires. Rien à voir avec le Théâtre.
"Que les poètes morts laissent la place aux autres"
"Ce qui a été dit n'est plus à dire ; une expression ne vit pas deux
fois ; toute parole prononcée est morte et n'agit qu'au moment où elle
est prononcée."
Pour lui te Théâtre doit être un spectacle total, submergeant le spectateur d'émotions et de sensations. Il veut supprimer l'espace scénique, ou plutôt l'étendre à toute la salle. Des cris, des lumières. De la musique, des couleurs. Des images et des sons. Il veut briser la suprématie du langage articulé. Le spectateur doit être plongé dans une transe, une émotion primitive.
"L'acteur est un athlète affectif."
"Il ne s'agit pas de supprimer la parole articulée, mais de donner aux mots à peu près l'importance qu'ils ont dans les rêves."
mardi 8 septembre 2009
Franc-chement!

Non, non, les nouvelles pièces de 10 et de 25 euros ne sont pas en chocolat ! La Monnaie de Paris, établissement chargé de fabriquer les pièces et les billets les a frappées au printemps dernier. Les pièces de 10 et 25 euros sont produites en série limitée à 2,25 millions d'exemplaires. Et elles sont distribuées exclusivement dans certains bureaux de Poste.
Ces nouvelles pièces en métal précieux, si elles sont prisées des collectionneurs, n'en sont pas moins de l'argent avec lequel vous pouvez payer dans les magasins. Seulement voilà, les commerçants n'ayant pas entendu parler de cette nouvelle série, ils se montrent parfois soupçonneux.
in LeFigaro.fr
Festivités
La corde au cou sous les lasers blafards et les lumières de boîte de nuit, ces condamnés à mort sont des acteurs du spectacle qui a célébré avec faste, mardi dernier, les quarante ans de pouvoir sans partage du dirigeant libyen Muammar al-Kadhafi. Composé d’une trentaine de tableaux, la «comédie musicale» a enchaîné deux heures de musique, d’illuminations et de danse avec la participation de centaines de danseurs et cavaliers de Libye, de Tunisie, du Maroc, d’Egypte et d’Ukraine. Étaient notamment présents Alain Joyandet, secrétaire d’Etat français à la Coopération, Hugo Chavez, Mahmoud Abbas, l’émir du Koweït et le ministre espagnol des Affaires étrangères.
L'assez
Je crois que j'ai envie de passer à la page suivante. Je pense sérieusement vouloir autre chose. Même si je n'en donne pas l'impression tous les jours.
Un semblant d'amitié ne me convient pas. Revenir en arrière non plus. Il nous faut tout reconstruire autrement. Non pas l'oubli, pas l'abandon. Chercher un nouveau terrain où poser des nouvelles fondations.
Si tu savais comme ce n'est pas facile pour moi. Une partie de moi fait obstacle à mes efforts. Je suis divisé entre la main tendue et le poing serré. Contre ma volonté.
Tu sais, je connais mes erreurs. Tes souffrances. Nos souffrances.
Il me faut accomplir mon deuil que les évènements ne m'ont pas permis d'achever. Il me faut pardonner à moi-même, à chacun de nous et au destin.
Ne comprenant pas tout, je suis resté en suspens. De l'eau a passé bien sûr, mes des interrogations subsistent.
Et quand mes vieux démons se tairont enfin, je te promets une sincère amitié.
A chacune de vous en fait. A qui se reconnaît. Mais pour autant je m'y livre.
lundi 7 septembre 2009
Un Corbeau devant moi croasse
Un Corbeau devant moi croasse,
Une ombre offusque mes regards,
Deux belettes et deux renards
Traversent l'endroit où je passe :
Les pieds faillent à mon cheval,
Mon laquais tombe du haut mal,
J'entends craqueter le tonnerre,
Un esprit se présente à moi,
J'ois Charon qui m'appelle à soi,
Je vois le centre de la terre.
Ce ruisseau remonte en sa source,
Un bœuf gravit sur un clocher,
Le sang coule de ce rocher,
Un aspic s'accouple d'une ourse,
Sur le haut d'une vieille tour
Un serpent déchire un vautour,
Le feu brûle dedans la glace,
Le Soleil est devenu noir,
Je vois la Lune qui va choir,
Cet arbre est sorti de sa place.
- Théophile de VIAU
(1590-1626), poète français libertin
Extrait de Œuvres Poétiques, 1621-26
dimanche 6 septembre 2009
Rêvons
« Le rêve est une seconde vie. Je n'ai pu
percer sans frémir ces portes d'ivoire ou de corne qui nous séparent du
monde invisible. Les premiers instants du sommeil sont l'image de la
mort; un engourdissement nébuleux saisit notre pensée, et nous ne
pouvons déterminer l'instant précis où le moi, sous une autre forme,
continue l'œuvre de l'existence. C'est un souterrain vague qui
s'éclaire peu à peu, et où se dégagent de l'ombre et de la nuit les
pâles figures gravement immobiles qui habitent le séjour des limbes.
Puis le tableau se forme, une clarté nouvelle illumine et fait jouer
ces apparitions bizarres; le monde des Esprits s'ouvre pour nous. »
GÉRARD DE NERVAL, Aurélia, ou Le rêve et la vie
«Le rêve est une élimination comme le labeur littéraire.»
Victor Hugo
«Rien ne pèse matériellement sur une destinée comme l'immatérialité d'un rêve.»
Vladimir Ghika
«Tout ici-bas étant sous le hasard,
L'homme, ignorant auguste,
Doit vivre de façon qu'à son rêve plus tard
La vérité s'ajuste.»
VICTOR HUGO, cité dans Hugo visionnaire.








