mardi 8 septembre 2009
Festivités
La corde au cou sous les lasers blafards et les lumières de boîte de nuit, ces condamnés à mort sont des acteurs du spectacle qui a célébré avec faste, mardi dernier, les quarante ans de pouvoir sans partage du dirigeant libyen Muammar al-Kadhafi. Composé d’une trentaine de tableaux, la «comédie musicale» a enchaîné deux heures de musique, d’illuminations et de danse avec la participation de centaines de danseurs et cavaliers de Libye, de Tunisie, du Maroc, d’Egypte et d’Ukraine. Étaient notamment présents Alain Joyandet, secrétaire d’Etat français à la Coopération, Hugo Chavez, Mahmoud Abbas, l’émir du Koweït et le ministre espagnol des Affaires étrangères.
samedi 31 janvier 2009
Syndrome d'Ignorance Dangereusemant Avancée
Telle une petite bouée de sauvetage lancée à ceux qui ont foi en
Syndrome
Inventé pour
Décourager les
Amoureux
Je préfère
Syndrome d'
Ignorance
Dangereusement
Avancée
P.s. : edit de février 2009
Je vous en rajoute un autre, dont je possède la paternité :
Si encore de nos jours
Il est possible
De mourir d'
Amour
samedi 10 janvier 2009
850 morts à Gaza
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850 morts à Gaza depuis le début de l'offensive israélienne...
Et beaucoup de temps passés a réaliser ce bien maigre hommage de 850 + (vous pouvez compter, il y a le compte, promis!)
Et parmi elles, tant de civils innocents, tant d'enfants, et tant de + à rajouter les prochains jours...
mercredi 10 décembre 2008
Reflexion sur la guillotine
Ici commence une nouvelle partie de mon REVE. Quelquechose qui envahit souvent mon esprit. La révolte. La révolte face à des situations, des événements mais aussi des lois, des sociétés.
Alors que cela fait pleinement partie de moi, je le fais partager dans la catégorie "Combat". Car si la publication de textes ou images peut aider cette lutte de tous els jours pour un monde meilleur... alors je dois le faire.
"Combat". Quoi de plus normal alors de commencer par un texte d'Albert Camus, ici Reflexion sur la Guillotine.
<<Le châtiment, qui sanctionne sans prévenir, s'appelle en effet la vengeance. C'est une réponse quasi arithmétique que fait la société à celui qui enfreint sa loi primordiale. Cette réponse est aussi vieille que l'homme, elle s'appelle le talion. Qui m'a fait mal doit avoir mal, qui m'a crevé un oeil doit devenir borgne ; qui a tué enfin doit mourir. Il s'agit d'un sentiment, et particulièrement violent, non d'un principe. Le talion est de l'ordre de la nature et de l'instinct, il n'est pas de l'ordre de la loi. La loi, par définition, ne peut obéir aux mêmes règles que la nature. Si le meurtre est dans la nature de l'homme, la loi n'est pas faite pour imiter ou reproduire cette nature. Elle est faite pour la corriger. Or le talion se borne à ratifier et à donner force de loi à un pur mouvement de nature. Nous avons tous connu ce mouvement, souvent pour notre honte, et nous connaissons sa puissance : il nous vient des forêts primitives. A cet égard, nous autres Français qui nous indignons, à juste titre, de voir le roi du pétrole, en Arabie Saoudite, prêcher la démocratie internationale et confier à un boucher le soin de découper au couteau la main du voleur, nous vivons aussi dans une sorte de Moyen Age qui n'a même pas les consolations de la foi. Nous définissons encore la justice selon les règles d'une arithmétique grossière. Peut-on dire du moins que cette arithmétique est exacte et que la justice, même élémentaire, même limitée à la vengeance légale, est sauvegardée par la peine de mort ? Il faut répondre que non.
Laissons de côté le fait que la loi du talion est inapplicable et qu'il paraîtrait aussi excessif de punir l'incendiaire en mettant le feu à sa maison qu' insuffisant de châtier le voleur en prélevant sur son compte en banque une somme équivalente à son vol. Admettons qu'il soit juste et nécessaire de compenser le meurtre de la victime par la mort du meurtrier. Mais l'exécution capitale n'est pas simplement la mort. Elle est aussi différente, en son essence, de la privation de vie, que le camp de concentration l'est de la prison. Elle est un meurtre, sans doute, et qui paye arithmétiquement le meurtre commis. Mais elle ajoute à la mort un règlement, une préméditation publique et connue de la future victime, une organisation, enfin, qui est par elle-même une source de souffrances morales plus terribles que la mort. Il n'y a donc pas équivalence. Beaucoup de législations considèrent comme plus grave le crime prémédité que le crime de pure violence. Mais qu'est-ce donc que l'exécution capitale, sinon le plus prémédité des meurtres auquel aucun forfait de criminel, si calculé soit-il, ne peut être comparé ? Pour qu'il y ait équivalence, il faudrait que la peine de mort châtiât un criminel qui aurait averti sa victime de l'époque où il lui donnerait une mort horrible et qui, à partir de cet instant, l' aurait séquestrée à merci pendant des mois. Un tel monstre ne se rencontre pas dans le privé. >>
A. Camus
mardi 11 novembre 2008
Mardi 11 novembre 2008
Il pleut aujourd'hui.
Ce sont les larmes du ciel qui pleurent la mémoire des poilus.
Il vente aujourd'hui.
C'est un vent d'espoir de paix qui souffle sur nous.
Aujourd'hui, le monde se souvient du conflit le plus meurtrier du XXeme siècle.
Les hommes se rappellent le sacrifice de millions de vie, notamment sur le sol européen.
Les historiens nous racontent le jeu des alliances, la fierté nationale et la guerre de positions.
Dans nos têtes résonnent le bruit des bombes, les cris de souffrance, les pleurs, le toscin du village.
Nos yeux voient défiler les drapeaux, les généraux et les tanks sur fond de désolation.
Nous sentons l'odeur de mort, de putréfaction mêlée à celle du sang et de la terre.
Nos doigts sentent palpiter notre coeur.
Et nos lèvres chantent :
Quand au bout d’huit jours, le r’pos terminé,
On va r’prendre les tranchées,
Notre place est si utile
Que sans nous on prend la pile.
Mais c’est bien fini, on en a assez,
Personn’ ne veut plus marcher,
Et le cœur bien gros, comm’ dans un sanglot
On dit adieu aux civ’lots.
Même sans tambour, même sans trompette,
On s’en va là haut en baissant la tête.
Adieu la vie, adieu l’amour,
Adieu toutes les femmes.
C’est bien fini, c’est pour toujours,
De cette guerre infâme.
C’est à Craonne, sur le plateau,
Qu’on doit laisser sa peau
Car nous sommes tous condamnés
C'est nous les sacrifiés !
Huit jours de tranchées, huit jours de souffrance,
Pourtant on a l’espérance
Que ce soir viendra la r’lève
Que nous attendons sans trêve.
Soudain, dans la nuit et dans le silence,
On voit quelqu’un qui s’avance,
C’est un officier de chasseurs à pied,
Qui vient pour nous remplacer.
Doucement dans l’ombre, sous la pluie qui tombe
Les petits chasseurs vont chercher leurs tombes.
C’est malheureux d’voir sur les grands boul’vards
Tous ces gros qui font leur foire ;
Si pour eux la vie est rose,
Pour nous c’est pas la mêm’ chose.
Au lieu de s’cacher, tous ces embusqués,
F’raient mieux d’monter aux tranchées
Pour défendr’ leurs biens, car nous n’avons rien,
Nous autr’s, les pauvr’s purotins.
Tous les camarades sont enterrés là,
Pour défendr’ les biens de ces messieurs-là.
Ceux qu’ont l’pognon, ceux-là r’viendront,
Car c’est pour eux qu’on crève.
Mais c’est fini, car les trouffions
Vont tous se mettre en grève.
Ce s’ra votre tour, messieurs les gros,
De monter sur l’plateau,
Car si vous voulez la guerre,
Payez-la de votre peau !Du moins aujourd'hui, car en sera-t-il de même dans 5, 10, 20, 25 ans?
samedi 18 octobre 2008
I have a dream
August 28, 1963, Lincoln Memorial, Washington DC.
[...]
Let us not wallow in the valley of despair, I say to you today, my friends.
And so even though we face the difficulties of today and tomorrow, I still have a dream. It is a dream deeply rooted in the American dream.
I have a dream that one day this nation will rise up and live out the true meaning of its creed: "We hold these truths to be self-evident, that all men are created equal."
I have a dream that one day on the red hills of Georgia, the sons of former slaves and the sons of former slave owners will be able to sit down together at the table of brotherhood.
I have a dream that one day even the state of Mississippi, a state sweltering with the heat of injustice, sweltering with the heat of oppression, will be transformed into an oasis of freedom and justice.
I have a dream that my four little children will one day live in a nation where they will not be judged by the color of their skin but by the content of their character.
I have a dream today!
I have a dream that one day, down in Alabama, with its vicious racists, with its governor having his lips dripping with the words of "interposition" and "nullification" -- one day right there in Alabama little black boys and black girls will be able to join hands with little white boys and white girls as sisters and brothers.
I have a dream today!
I have a dream that one day every valley shall be exalted, and every hill and mountain shall be made low, the rough places will be made plain, and the crooked places will be made straight; "and the glory of the Lord shall be revealed and all flesh shall see it together.
This is our hope, and this is the faith that I go back to the South with.
With this faith, we will be able to hew out of the mountain of despair a stone of hope. With this faith, we will be able to transform the jangling discords of our nation into a beautiful symphony of brotherhood. With this faith, we will be able to work together, to pray together, to struggle together, to go to jail together, to stand up for freedom together, knowing that we will be free one day.
And this will be the day -- this will be the day when all of God's children will be able to sing with new meaning:
My country 'tis of thee, sweet land of liberty, of thee I sing.
Land where my fathers died, land of the Pilgrim's pride,
From every mountainside, let freedom ring!
And if America is to be a great nation, this must become true.
And so let freedom ring from the prodigious hilltops of New Hampshire.
Let freedom ring from the mighty mountains of New York.
Let freedom ring from the heightening Alleghenies of Pennsylvania.
Let freedom ring from the snow-capped Rockies of Colorado.
Let freedom ring from the curvaceous slopes of California.
But not only that:
Let freedom ring from Stone Mountain of Georgia.
Let freedom ring from Lookout Mountain of Tennessee.
Let freedom ring from every hill and molehill of Mississippi.
From every mountainside, let freedom ring.
And when this happens, when we allow freedom ring, when we let it ring from every village and every hamlet, from every state and every city, we will be able to speed up that day when all of God's children, black men and white men, Jews and Gentiles, Protestants and Catholics, will be able to join hands and sing in the words of the old Negro spiritual:
Free at last! Free at last!
Thank God Almighty, we are free at last!
Oradour
Le 10 juin 1994, l'armée allemande perd des batailles, commence à fatiguer. Une division de soldats du Reich entreprend de regagner les villes du centre puis du nord de la France. Sur son chemin, animée d'une colère froide, d'une folie sanglante, elle choisit de décimer au hasard un village paisible du Limousin : ce sera Oradour sur Glane. Vengeance, ce massacre s'avère être un bon moyen de marquer les consciences, de semer la terreur et de réaffirmer la supériorité des Nazis... Cet acte génocide, dépassant l'entendement, exemple de la monstruosité humaine, choque encore aujourd'hui par sa barbarerie et sa férocité sans borne. Il se pose également, après les camps de concentration et la Résistance, comme le symbole des martyrs de guerre en France. Aucun des habitants ne sera épargné. Les hommes fusillés, les femmes et les enfants brûlés vifs dans l'église...

Oradour n'a plus de femmes
Oradour n'a plus un homme
Oradour n'a plus de feuilles
Oradour n'a plus de pierres
Oradour n'a plus d'église
Oradour n'a plus d'enfants
Plus de fumée plus de rires
Plus de toîts plus de greniers
Plus de meules plus d'amour
Plus de vin plus de chansons.
Oradour, j'ai peur d'entendre
Oradour, je n'ose pas
Approcher de tes blessures
De ton sang de tes ruines,
je ne peux je ne peux pas
Voir ni entendre ton nom.
Oradour je crie et hurle
Chaquefois qu'un coeur éclate
Sous les coups des assassins
Une tête épouvantée
Deux yeux larges deux yeux rouges
Deux yeux graves deux yeux grands
Comme la nuit la folie
Deux yeux de petits enfants:
Ils ne me quitteront pas.
Oradour je n'ose plus
Lire ou prononcer ton nom.
Oradour honte des hommes
Oradour honte éternelle
Nos coeurs ne s'apaiseront
Que par la pire vengeance
Haine et honte pour toujours.
Oradour n'a plus de forme
Oradour, femmes ni hommes
Oradour n'a plus d'enfants
Oradour n'a plus de feuilles
Oradour n'a plus d'église
Plus de fumées plus de filles
Plus de soirs ni de matins
Plus de pleurs ni de chansons.
Oradour n'est plus qu'un cri
Et c'est bien la pire offense
Au village qui vivait
Et c'est bien la pire honte
Que de n'être plus qu'un cri,
Nom de la haine des hommes
Nom de la honte des hommes
Le nom de notre vengeance
Qu'à travers toutes nos terres
On écoute en frissonnant,
Une bouche sans personne,
Qui hurle pour tous les temps.
Jean Tardieu, Oradour





